SPFPL :la holding des professions libérales réglementées.
La Société de Participations Financières de Profession Libérale (SPFPL) est la holding réservée aux libéraux réglementés — médecins, dentistes, avocats, kinés, vétérinaires, architectes, experts-comptables et autres. Elle reçoit les dividendes de votre SELARL sous régime mère-fille — fiscalité allégée (quote-part de frais et charges de 5 %) sur les flux — et vous permet de réinvestir dans de nouveaux projets professionnels sans subir la flat tax au passage. Guide complet : définition, mécanique fiscale, articulation avec SCI et SELARL, transformation en holding patrimoniale en fin de carrière, coût de création.
Définition : holding réservée aux professions libérales réglementées (loi 31 déc. 1990, Ord. 2023-77 du 1ᵉʳ sept. 2024).
Objet limité : détention de parts de SELARL/SELAS de la même profession. Pas d'exercice libéral direct, pas de patrimoine immobilier.
Régime mère-fille : ~1,25 % d'IS sur les dividendes remontés (contre 30 % de flat tax en direct). Économie majeure si réinvestissement.
Trois cas d'usage : multi-sites, réinvestissement de bénéfices significatifs, préparation de transmission.
Coût de création : entre 3 000 et 6 000 € HT (avocat/notaire + greffe + agrément ordinal).
Sortie en retraite : arbitrage à anticiper 3 à 5 ans avant — l'éligibilité aux abattements personnels (150-0 D ter) suppose de céder les SELARL en direct, pas via la SPFPL.
Comprendre la SPFPL
Une holding,réservée aux libéraux réglementés
La SPFPL est une création légale française, instituée pour permettre aux professions libérales réglementées de se doter d'un outil de capitalisation et de réinvestissement professionnels. Elle est née de la loi du 31 décembre 1990 sur les sociétés d'exercice libéral, complétée et modernisée par l'Ordonnance 2023-77 du 8 février 2023, entrée en vigueur le 1ᵉʳ septembre 2024. Cette ordonnance harmonise et clarifie le cadre applicable aux SEL et SPFPL pour les professions juridiques, judiciaires, du chiffre, techniques et de santé.
Vous
Praticien libéral
↓ détient
SPFPL
Holding libérale
↓ détient les parts de
SELARL A
Site 1
SELARL B
Site 2
SELARL C
Futur site
01
Ce qu'elle est
La SPFPL est une holding dont l'objet social est strictement limité à la détention de parts de sociétés d'exercice libéral (SELARL, SELAS) de même profession. Elle ne peut pas exercer l'activité libérale elle-même, ni détenir des activités hors champ réglementé.
02
Ce qu'elle n'est pas
Ce n'est pas une holding patrimoniale classique. Son capital doit être majoritairement détenu par des professionnels en exercice de la même profession. Depuis l'ordonnance n° 2023-77 (article 110), elle peut détenir l'immobilier professionnel — en direct ou via une société immobilière — uniquement s'il sert exclusivement au fonctionnement des sociétés qu'elle détient ; les actifs financiers ou immobiliers patrimoniaux sans lien avec la profession restent exclus.
03
Son avantage principal
Le régime mère-fille (art. 145 et 216 CGI) : les dividendes remontés par la SELARL vers la SPFPL sont imposés à l'IS uniquement sur une quote-part de frais de 5 %. Sur 100 000 € de dividendes, l'IS réel est d'environ 1 250 € — contre 30 000 € en flat tax directe.
Pour qui ?
Trois situationsoù la SPFPL devient pertinente
1
Vous exercez sur plusieurs sites
Deux ou trois cabinets, autant de SELARL distinctes : la SPFPL les regroupe sous une entité unique. Vous simplifiez la gouvernance, centralisez les flux de dividendes, et créez une structure d'accueil pour les futurs développements géographiques.
2
Vous voulez réinvestir sans ponction fiscale
Votre SELARL génère des bénéfices que vous ne souhaitez pas vous verser immédiatement. La SPFPL capte ces dividendes sous régime mère-fille et les réinjecte dans un futur rachat de patientèle, une acquisition immobilière professionnelle, du matériel ou un nouveau site — sans payer 30 % de flat tax au passage.
3
Vous anticipez une transmission
Intégrer un associé, préparer une cession progressive ou organiser une transmission familiale : la SPFPL facilite les mouvements de parts entre praticiens. Elle offre plus de souplesse qu'une cession directe, notamment sur la valorisation, l'étalement des paiements et la mécanique fiscale.
SELARL vs SPFPL
Deux structures,deux rôles distincts
SELARL
SPFPL
Rôle
Exercice de l'activité libérale
Détention de parts de SELARL(s)
Génère du CA ?
Oui — honoraires, actes
Non — uniquement dividendes
Fiscalité dividendes
30 % flat tax (PFU) si versés au praticien
~1,25 % d'IS (régime mère-fille sur 5 %)
Contraintes ordinales
Selon profession — agrément obligatoire
Capital majoritairement détenu par des praticiens en exercice de même profession
Peut détenir des murs ?
Déconseillé (société d'exercice, pas patrimoniale)
Non — prévoir une SCI distincte
Pour qui ?
Tous les praticiens libéraux
Multi-sites, bénéfices à réinvestir, préparation transmission
Architecture patrimoniale
SPFPL et SCI :comment elles s'articulent
Depuis le 1er septembre 2024 (ordonnance n° 2023-77, article 110), une SPFPL peut détenir des murs professionnels ou les parts d'une société immobilière — à la condition stricte que cet immobilier serve exclusivement au fonctionnement des sociétés d'exercice qu'elle détient. Le praticien qui souhaite combiner détention de sa structure d'exercice (via SPFPL) et détention de son immobilier professionnel a donc deux voies : l'intégrer au périmètre de la SPFPL dans ce cadre strict, ou articuler une SCI distincte en parallèle — chacune avec ses règles précises.
L'architecture la plus fréquente
Le praticien crée d'un côté une SCI (à l'IR ou à l'IS selon les revenus locatifs projetés) qui acquiert les murs du cabinet, et de l'autre une SPFPL qui détient les parts de la SELARL d'exercice. La SCI loue les murs à la SELARL contre un loyer calibré aux valeurs de marché — ce loyer est déductible du résultat fiscal de la SELARL et constitue le revenu locatif de la SCI. La SELARL, allégée de ses bénéfices non distribués, fait remonter ces derniers à la SPFPL sous régime mère-fille.
Trois points de vigilance
Cohérence du loyer SCI → SELARL : un loyer artificiellement bas ou élevé crée un risque fiscal d'acte anormal de gestion. Il doit refléter les valeurs de marché du local et du secteur, et être documenté (étude comparative, baux similaires).
Choix IR ou IS pour la SCI : à l'IR, les loyers remontent directement dans le revenu foncier du praticien (imposition immédiate au TMI + prélèvements sociaux 18,6 %) ; à l'IS, le bien est amorti comptablement et l'imposition est différée, mais la plus-value à la cession suit le régime professionnel sans abattement pour durée de détention. Le bon choix dépend de l'horizon de détention et de la stratégie de sortie.
Capital de la SCI : une SPFPL peut détenir des parts d'une SCI constituée aux seules fins d'acquérir et d'administrer l'immeuble servant exclusivement ses SEL (ordonnance n° 2023-77, article 110) ; hors de ce cadre professionnel exclusif, la SCI est détenue par le praticien en nom propre, par son conjoint, ou par une autre structure patrimoniale dédiée (holding non SPFPL, démembrement familial).
Voir aussi — projet mixte murs + travaux
L'articulation entre SCI patrimoniale et SELARL d'exercice est encore plus déterminante quand le projet immobilier comporte une part de travaux significative (au-delà de 30 % du coût total). Voir le cas concret 1,12 M€ — trois chirurgiens-dentistes.
Réinvestir via la SPFPL
SPFPL et placement financier :ce qui est possible, ce qui ne l'est pas
Une question fréquente : la SPFPL peut-elle servir d'enveloppe de placement financier comme une holding patrimoniale classique ? La réponse est nuancée — et dépend strictement de la définition de l'objet social donné dans les statuts ainsi que des règles ordinales applicables.
Ce qui est possible (et même optimal)
Conserver des liquidités en compte courant SPFPL en attendant un projet professionnel (acquisition d'un nouveau site, rachat de patientèle, équipement) — sans limite particulière.
Détenir des parts de SELARL de même profession, y compris en multi-sites ou en cabinets de groupe.
Investir dans des supports de trésorerie liés au compte professionnel — comptes à terme, livret pro, fonds monétaires — pour ne pas laisser dormir les liquidités, en accord avec la doctrine ordinale.
Financer le cabinet par avance en compte courant d'associé à la SELARL filiale (mécanique fréquente et utile pour préfinancer des investissements).
Ce qui est limité ou interdit
Détenir un portefeuille d'actions cotées ou un contrat de capitalisation institutionnel n'est pas l'esprit d'une SPFPL — son objet est de soutenir l'activité libérale, pas de gérer un patrimoine financier diversifié. Certains ordres tolèrent une trésorerie placée à court terme, mais pas une véritable gestion de portefeuille.
Détenir des SCPI, OPCI ou parts de SCI n'est pas conforme à l'objet social.
Investir dans une société hors champ libéral (start-up, commerce, foncière non libérale) est interdit.
En pratique : la SPFPL est conçue pour capitaliser des bénéfices en vue d'un réemploi professionnel, pas pour devenir une enveloppe d'investissement passive. Pour cette dernière fonction, c'est une holding patrimoniale classique (hors SPFPL) qui est indiquée — typiquement créée après cessation d'activité libérale.
SPFPL et professions
La SPFPL est ouverte à toutes lesprofessions libérales réglementées
Chaque profession a ses propres règles d'agrément, de composition du capital, et de quorum ordinal. Mais le cadre général de la SPFPL est commun. Aperçu des configurations les plus fréquentes que nous accompagnons.
Médecin
SPFPL ouverte sous conditions Conseil de l'Ordre. Pertinente dès lors que le médecin exerce sur plusieurs sites ou capitalise plus de 60 000 €/an de bénéfices non distribués.
Chirurgien-dentiste
Cas le plus fréquent : plateaux techniques lourds à amortir, sites multiples, transmissions progressives. Le cadre ONCD est précis sur la composition du capital.
Kinésithérapeute
SPFPL pertinente pour les cabinets de groupe avec plusieurs SELARL ou pour les praticiens qui réinvestissent dans le matériel et la communication. Cadre CNOMK applicable.
Radiologue
SPFPL très utilisée — plateaux techniques massifs (IRM, scanner, échographie) qui nécessitent une capitalisation importante. Permet de cumuler plusieurs sites d'imagerie sous une entité unique.
Avocat
SPFPL d'avocats — cadre du décret du 25 mars 1993. Permet de regrouper plusieurs cabinets ou de préparer l'arrivée d'associés. Capital majoritairement détenu par des avocats en exercice.
Notaire
SPFPL d'office notarial — outil de transmission utilisé pour préparer la cession d'un office à un successeur. Permet d'amortir financièrement le rachat de l'office sur la durée.
Expert-comptable
SPFPL d'experts-comptables sous conditions Ordre. Cas fréquent pour les cabinets en croissance qui intègrent des associés ou multiplient les bureaux secondaires.
Architecte
SPFPL d'agréés en architecture — cadre Ord. 2023-77. Encore peu utilisée par rapport aux autres professions, mais pertinente pour les agences avec plusieurs associés et projets de capitalisation.
Les professions paramédicales (orthophonistes, pédicures-podologues, sages-femmes…), les vétérinaires, les pharmaciens, les huissiers, les commissaires-priseurs, les géomètres-experts et les conseils en propriété industrielle peuvent également créer une SPFPL, avec leurs propres règles ordinales.
Sortie d'exercice libéral
Transformer une SPFPLen holding patrimoniale : ce qu'il faut savoir
Question récurrente en fin de carrière : peut-on transformer sa SPFPL en holding patrimoniale classique pour continuer à capitaliser après la cessation d'activité libérale ? Oui — mais avec une nuance importante de vocabulaire et de séquençage. Cadre actualisé après l'Ordonnance 2023-77 entrée en vigueur le 1ᵉʳ septembre 2024.
Le principe juridique
La loi ne prévoit pas de transformation directe au sens technique. Ce qu'on appelle communément « transformer une SPFPL en holding patrimoniale » est en réalité une dénaturation par modification statutaire, qui suppose au préalable que la société ait perdu sa vocation libérale. Le déclencheur typique est la cession des titres de SELARL (départ en retraite, réorientation patrimoniale, sortie de l'exercice libéral) — tant que la SPFPL détient des SELARL et que le professionnel exerce, elle conserve sa raison d'être réglementée.
Le séquençage opérationnel
Cession ou apport préalable des titres de SELARL — la SPFPL doit être « vidée » de sa substance professionnelle.
Radiation auprès de l'ordre (ou constat de fin de mission sociale), avec les formalités propres à chaque profession.
AGE actant la modification — objet social, dénomination (suppression du sigle « SPFPL »), éventuellement forme juridique (passage en SARL, SAS, SC patrimoniale).
Mise à jour des statuts, annonce légale, dépôt au greffe, nouveau Kbis.
Les trois zones de risque fiscal à anticiper
Cessation d'activité (art. 221, 5° CGI) — risque principal. Un changement profond d'objet social peut être qualifié de cessation d'activité par l'administration, déclenchant l'imposition immédiate des plus-values latentes, des bénéfices en sursis et des provisions. La rédaction de l'objet social et le séquencement déterminent l'exposition.
Abus de droit (art. L.64 LPF). Si l'opération poursuit un but exclusivement fiscal. Une motivation patrimoniale et économique réelle doit pouvoir être documentée (réinvestissement, transmission, diversification).
Plus-value sur cession des titres de SELARL préalable. Le régime des titres de participation (taxation effective ~3-4 % via la quote-part de frais et charges de 12 %) prend toute son importance, sous condition de détention de plus de 2 ans.
Trois alternatives à examiner
Plutôt que de dénaturer la SPFPL, deux schémas sont souvent plus propres :
Fusion à l'envers (SPFPL absorbée par la SELARL avant cession à un repreneur) — permet au cédant de bénéficier des abattements de l'art. 150-0 D ter pour départ en retraite, mais avec un effet de hausse du prix des parts à gérer en amont.
Apport-cession (art. 150-0 B ter) vers une holding patrimoniale créée ad hoc, en conservant la SPFPL pour le pôle libéral si l'activité continue.
En résumé : l'opération est juridiquement possible, mais c'est typiquement une opération de fin d'exercice libéral, pas un arbitrage de mi-carrière. Chaque cas mérite un chiffrage précis du coût fiscal de sortie comparé au gain patrimonial attendu — c'est rarement automatique en faveur de la transformation.
Le budget de création d'une SPFPL se décompose en trois lignes principales — toutes nécessaires, aucune n'étant escamotable. Voici les ordres de grandeur 2026, à titre indicatif.
Rédaction des statuts et formalisation (avocat ou notaire spécialisé)
2 500 — 5 000 € HT
Frais de greffe + annonce légale obligatoire
200 — 400 €
Frais d'agrément ordinal (selon profession)
300 — 800 €
Budget total de création
3 000 — 6 000 € HT
Délais
De la décision à l'immatriculation effective : compter 6 à 12 semaines selon la profession et la complexité du dossier ordinal. Le délai d'agrément auprès de l'Ordre est souvent le facteur le plus long (4 à 8 semaines pour les médecins, dentistes, kinés ; 2 à 4 semaines pour les avocats et experts-comptables qui ont des procédures plus standardisées).
Coûts récurrents
Comptabilité commerciale obligatoire — 1 200 à 2 500 € HT/an selon le volume d'opérations.
Dépôt annuel des comptes au greffe — frais administratifs limités (~50 €).
IS sur les bénéfices conservés — au taux normal de 25 % (taux réduit de 15 % sur les premiers 42 500 € sous conditions PME).
20 minutes. Ordinis analyse votre situation patrimoniale et fiscale, chiffre les scénarios SPFPL vs SELARL seule, et identifie l'architecture la plus adaptée à votre profession et votre projet.
Questions fréquentes
SPFPL :ce que vous nous demandez
Qu'est-ce qu'une SPFPL exactement ?
+
La SPFPL (Société de Participations Financières de Profession Libérale) est une société holding réservée aux professions libérales réglementées. Elle ne peut pas exercer l'activité libérale elle-même — son objet social est strictement limité à la détention de parts ou actions de sociétés d'exercice libéral de même profession (SELARL, SELAS). Son capital doit être majoritairement détenu par des professionnels en exercice, dans les conditions fixées par chaque ordre professionnel. La SPFPL est régie par la loi du 31 décembre 1990 (art. 31-1 et 31-2) et par l'Ordonnance 2023-77 entrée en vigueur le 1ᵉʳ septembre 2024.
Quelle est la différence entre SPFPL et SELARL ?
+
La SELARL est la société dans laquelle le praticien exerce son activité libérale : elle génère le chiffre d'affaires, emploie le personnel, détient le matériel et la patientèle. La SPFPL est une holding qui détient les parts de la SELARL — elle ne fait pas de médecine, de droit ou de comptabilité. Elle perçoit les dividendes remontés par la SELARL et peut les réinvestir sous régime mère-fille avec une fiscalité allégée (quote-part de frais et charges de 5 %) sur ces flux, ce qui en fait l'outil de capitalisation des bénéfices non distribués.
Qu'est-ce que le régime mère-fille et pourquoi est-ce intéressant pour une SPFPL ?
+
Le régime mère-fille (art. 145 et 216 du CGI) permet à une société mère détenant au moins 5 % du capital de sa filiale de recevoir des dividendes en n'étant imposée à l'IS que sur une quote-part de frais et charges (QPFC) de 5 %. Concrètement : sur 100 000 € de dividendes remontés de la SELARL vers la SPFPL, l'IS réel acquitté est d'environ 1 250 € (25 % d'IS sur 5 000 € de QPFC). Si le praticien avait perçu ces dividendes directement, il aurait payé 30 000 € de flat tax (PFU à 30 %). L'écart est considérable dès lors qu'on souhaite réinvestir plutôt que consommer ces bénéfices.
À qui s'adresse vraiment la SPFPL ?
+
La SPFPL devient pertinente dans trois cas opérationnels : (1) le praticien exerce sur plusieurs sites ou via plusieurs SELARL et souhaite les regrouper sous une entité unique ; (2) la SELARL dégage des bénéfices importants que le praticien souhaite réinvestir (immobilier professionnel, rachat de parts, nouveau site, équipement) sans payer la flat tax ; (3) le praticien anticipe une transmission progressive de son cabinet. En dehors de ces configurations, la SELARL seule reste souvent la solution la plus simple et la plus adaptée.
La SPFPL peut-elle détenir une SCI pour les locaux professionnels ?
+
Non directement — la SPFPL a un objet social strictement limité à la détention de parts de sociétés d'exercice libéral de même profession. Pour détenir des murs professionnels, c'est généralement une SCI distincte qui est créée en parallèle, détenue par le praticien en nom propre, par sa famille, ou par une structure patrimoniale dédiée. L'articulation optimale entre SPFPL, SELARL et SCI dépend de la situation fiscale globale — voir la section SPFPL et SCI ci-dessus.
Comment transformer une SPFPL en holding patrimoniale ?
+
La loi ne prévoit pas de transformation directe au sens technique. Ce qu'on appelle communément « transformer une SPFPL en holding patrimoniale » est en réalité une dénaturation par modification statutaire, qui suppose au préalable que la société ait perdu sa vocation libérale — typiquement après cession des titres de SELARL et fin d'exercice. Le séquençage opérationnel comprend : cession ou apport préalable des titres, radiation auprès de l'ordre, AGE actant la modification d'objet social et de dénomination, mise à jour des statuts. Trois zones de risque fiscal à anticiper : cessation d'activité (art. 221, 5° CGI), abus de droit (art. L.64 LPF), plus-value sur cession préalable. C'est typiquement une opération de fin de carrière à structurer 3 à 5 ans avant la retraite envisagée. Voir la section Transformer une SPFPL ci-dessus.
Quel est le coût de création d'une SPFPL ?
+
Le budget de création d'une SPFPL standard s'établit entre 3 000 et 6 000 € HT : honoraires d'avocat ou de notaire spécialisé pour la rédaction des statuts (2 500 à 5 000 €), frais de greffe et annonce légale (200 à 400 €), frais d'agrément ordinal (300 à 800 €). À cela s'ajoutent les coûts récurrents : comptabilité commerciale obligatoire (1 200 à 2 500 €/an), dépôt annuel des comptes, et IS sur les bénéfices conservés. Voir la section Coût et délais.
Quelles professions peuvent créer une SPFPL ?
+
La SPFPL est ouverte à toutes les professions libérales réglementées qui peuvent exercer en SEL : médecins, chirurgiens-dentistes, pharmaciens, vétérinaires, infirmiers, kinésithérapeutes, sages-femmes, orthophonistes, pédicures-podologues côté santé ; avocats, notaires, huissiers, commissaires-priseurs, experts-comptables, commissaires aux comptes, conseils en propriété industrielle, géomètres-experts côté juridique et chiffré ; architectes, agréés en architecture également. Chaque profession a ses propres règles d'agrément et de composition du capital. La SPFPL ne peut détenir que des SEL de la même profession que ses associés majoritaires.
Peut-on créer une SPFPL en tant que praticien seul ?
+
Oui — la SPFPL unipersonnelle est juridiquement possible, à condition que le praticien soit en exercice de la profession concernée. Dans cette configuration, le praticien détient 100 % de la SPFPL, qui détient elle-même 100 % de sa SELARL. La justification économique doit toutefois être réelle : pour un praticien seul avec un cabinet unique et des bénéfices entièrement distribués à titre personnel, créer une SPFPL n'apporte aucun gain fiscal. La SPFPL prend tout son sens à partir du moment où le praticien souhaite réinvestir des bénéfices significatifs (au-delà de 50 000 à 80 000 € par an de dividendes non consommés), envisager un second site, ou intégrer des associés à terme.
Quand vendre sa SPFPL en vue de la retraite ?
+
La cession des titres de SELARL détenus par la SPFPL en vue de la retraite est un point d'arbitrage fiscal majeur. Trois options principales : (1) céder en direct les titres de SELARL et bénéficier de l'abattement de 500 000 € pour départ à la retraite de l'art. 150-0 D ter du CGI — mais cet abattement n'est pas applicable si les titres sont logés en SPFPL, il faut donc avoir cédé en direct ; (2) faire céder la SPFPL elle-même par fusion à l'envers (SPFPL absorbée par la SELARL avant cession) pour conserver l'éligibilité aux abattements personnels ; (3) céder les titres de SELARL via la SPFPL en bénéficiant du régime des titres de participation (taxation effective ~3-4 % via QPFC de 12 %), sous condition de détention de plus de 2 ans. Cet arbitrage doit être préparé 3 à 5 ans avant la retraite envisagée, jamais en urgence.
Passez à l'étape suivante
La SPFPL se crée au bon moment, pas en urgence
20 minutes pour évaluer si c'est le bon montage pour votre situation patrimoniale et professionnelle.