Sommaire
- Une réforme votée fin 2025, applicable dès 2027
- Le cumul emploi-retraite aujourd'hui : intégral ou plafonné
- La nouvelle architecture par âge, dès le 1er janvier 2027
- Pourquoi la réforme frappe plus fort les professions libérales
- Le cas CARMF : des points enfin non perdus, une seconde pension dès 2028
- Non-rétroactivité : qui reste sous l'ancien régime
- Ce que la pénalité de 50 % change concrètement
- Comment anticiper sans se précipiter
- Ce que cet article ne remplace pas
- Une réforme de calendrier, pas seulement de montant
- Questions fréquentes
Une réforme votée fin 2025, applicable dès 2027
L'article 102 de la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026 a introduit une réforme profonde du cumul emploi-retraite — la possibilité de continuer à exercer une activité professionnelle tout en percevant sa pension de retraite. Le changement n'est pas cosmétique : il remplace la logique binaire actuelle (cumul intégral ou cumul plafonné, selon que la retraite a été liquidée à taux plein ou non) par une architecture entièrement fondée sur l'âge du professionnel au moment où il perçoit à la fois son activité et sa pension. La réforme s'applique aux pensions dont la première liquidation prend effet à compter du 1er janvier 2027.
Pour un professionnel libéral de santé — médecin affilié à la CARMF, chirurgien-dentiste ou sage-femme affilié à la CARCDSF, infirmier ou kinésithérapeute affilié à la CARPIMKO — cette réforme mérite une attention particulière. Ces professions cumulent un régime de base (CNAVPL) et un régime complémentaire autonome propre à leur caisse, deux étages qui n'ont jamais fonctionné selon les mêmes règles de cumul emploi-retraite que le régime général des salariés. La réforme touche donc une population où le cumul, en particulier en fin de carrière ou lors d'une transmission progressive de patientèle, est une pratique courante.
Le cumul emploi-retraite aujourd'hui : intégral ou plafonné
Avant la réforme, un professionnel libéral qui liquide sa retraite dispose de deux régimes de cumul, selon sa situation au moment de la liquidation : le cumul intégral, sans plafond de revenu d'activité, réservé à ceux qui liquident leur retraite à taux plein (âge légal atteint avec le nombre de trimestres requis, ou âge d'annulation de la décote) ; et le cumul plafonné, pour ceux qui liquident avant d'avoir le taux plein, où le cumul des revenus d'activité et de la pension au-delà d'un certain seuil entraîne une réduction ou une suspension de la pension. Dans les deux cas, le principe reste binaire : soit le cumul est libre, soit il est contraint par un plafond de revenu global.
La nouvelle architecture par âge, dès le 1er janvier 2027
La réforme introduit trois zones d'âge, avec des règles de cumul radicalement différentes d'une zone à l'autre. Ce découpage remplace intégralement la distinction intégral/plafonné pour toute pension liquidée à partir de 2027.
Avant l'âge légal de départ : une réduction euro pour euro
Un professionnel qui liquide sa retraite avant l'âge légal — situation rare en libéral mais possible selon la carrière — et qui continue de percevoir des revenus d'activité verra sa pension réduite d'un montant égal à ce revenu d'activité, euro pour euro. Ce mécanisme rend, de fait, le cumul économiquement neutre voire défavorable dans cette tranche d'âge : chaque euro gagné en exerçant est un euro de pension en moins.
Entre l'âge légal et 67 ans : un seuil, puis une pénalité de 50 %
C'est la zone la plus significative pour la majorité des professionnels concernés. Entre l'âge légal de départ et 67 ans, le cumul reste possible jusqu'à un seuil de revenu annuel d'activité — évoqué dans les débats parlementaires autour de 7 000 € par an, mais dont le montant exact doit être fixé par décret d'application, non encore publié à la date de cet article. Au-delà de ce seuil, la pension est réduite d'un montant égal à 50 % du dépassement. Un professionnel dont les revenus d'activité dépassent le seuil de 33 000 € (soit un exemple illustratif de dépassement, à ajuster selon le seuil définitif) verrait ainsi sa pension amputée de 16 500 € par an — la moitié du dépassement.
À partir de 67 ans : la liberté totale, et de nouveaux droits
Passé 67 ans — l'âge du taux plein automatique, quel que soit le nombre de trimestres validés — le cumul emploi-retraite redevient totalement libre, sans seuil ni pénalité. Plus notable encore : l'acquisition de nouveaux droits à la retraite au titre de l'activité poursuivie y redevient pleine et sans plafond. Avant 67 ans, ce droit reste plus restreint : depuis le 1er septembre 2023 déjà, le cumul emploi-retraite intégral ouvre droit à une seconde pension sur le régime de base, mais plafonnée à 5 % du plafond annuel de la Sécurité sociale et accordée uniquement sur demande — les cotisations versées en cumul n'étaient donc pas, avant cette date, systématiquement « sans contrepartie ».
La réforme ne dit pas seulement « travailler après la retraite coûte plus cher » — elle dit surtout « à partir de quel âge continuer à travailler redevient rentable ». Pour un libéral de santé qui envisage une fin de carrière progressive, 67 ans devient le pivot de toute décision de calendrier.
Pourquoi la réforme frappe plus fort les professions libérales
Un salarié qui cumule emploi et retraite ne gère, le plus souvent, qu'un seul niveau de pension (régime général plus, le cas échéant, une seule retraite complémentaire Agirc-Arrco). Un professionnel libéral de santé, lui, gère systématiquement deux niveaux distincts : le régime de base, adossé à la CNAVPL, et un régime complémentaire autonome propre à sa caisse professionnelle (CARMF, CARPIMKO, CARCDSF, CAVP, CIPAV selon la profession). Ces deux régimes n'ont pas nécessairement les mêmes règles de cumul, ni la même date d'application des nouvelles dispositions — un point que la réforme ne tranche pas de façon uniforme pour toutes les caisses, chacune devant préciser l'articulation exacte avec son propre régime complémentaire.
Cette architecture à deux étages signifie concrètement qu'un professionnel libéral peut se retrouver à devoir arbitrer deux décisions de calendrier distinctes — celle du régime de base et celle du régime complémentaire — alors qu'un salarié n'en gère qu'une. C'est ce constat, documenté par plusieurs organismes de conseil en protection sociale des professions libérales, qui explique pourquoi cette réforme, présentée comme une mesure paramétrique générale du système de retraite, a un impact structurant particulier sur les professions réglementées de santé.
Le cas CARMF : des points enfin non perdus, une seconde pension dès 2028
Pour les médecins affiliés à la CARMF, une évolution de son régime complémentaire a été votée par son conseil d'administration en parallèle de la réforme générale du cumul emploi-retraite : à compter du 1er janvier 2027, les cotisations versées au régime complémentaire pendant une période de cumul emploi-retraite intégral ne seront plus des cotisations sans contrepartie. Elles permettront d'acquérir de nouveaux points de retraite complémentaire, convertibles en une seconde pension dont la première liquidation serait possible à partir du 1er janvier 2028 — sous réserve, selon la presse médicale spécialisée, d'une validation du projet par l'État. Cette mesure concernerait plusieurs milliers de médecins actuellement en situation de cumul intégral — une population qui, jusqu'à présent, cotisait sans obtenir de droits supplémentaires en contrepartie sur ce régime complémentaire.
Cette évolution ne doit pas être présentée comme une exclusivité CARMF : un mécanisme de « seconde pension » en cumul emploi-retraite intégral existe en réalité depuis le 1er septembre 2023 sur le régime de base (CNAVPL, toutes professions libérales), plafonné à 5 % du plafond annuel de la Sécurité sociale et accordé sur demande — et la CARPIMKO (jusqu'à 8 points par an, 48 points au maximum) comme la CARCDSF (depuis janvier 2024) l'ont déjà étendu à leur propre régime complémentaire. Ce qui change pour 2027-2028, c'est que la CARMF rattrape à son tour son régime complémentaire à cette logique. Chaque régime complémentaire restant autonome dans la définition de ses propres règles, les modalités précises (montant, plafond, caractère automatique ou sur demande) doivent être vérifiées directement auprès de sa caisse.
Non-rétroactivité : qui reste sous l'ancien régime
La réforme n'est pas rétroactive : elle ne concerne que les pensions dont la première liquidation prend effet à compter du 1er janvier 2027. Un professionnel qui a déjà liquidé sa retraite avant cette date — même s'il continue d'exercer en 2027 et au-delà — reste durablement soumis à l'ancien régime (cumul intégral ou cumul plafonné selon sa situation au moment de sa liquidation). C'est cette césure nette entre l'ancien et le nouveau régime, fondée sur la date de première liquidation et non sur la date à laquelle le cumul est effectivement pratiqué, qui a conduit une partie de la presse spécialisée en protection sociale à évoquer une échéance resserrée, autour de l'automne 2026, pour les professionnels souhaitant liquider leur retraite sous l'ancien régime avant l'entrée en vigueur de la réforme.
Cette échéance doit être maniée avec prudence : les délais de traitement d'un dossier de liquidation par une caisse de retraite se comptent en mois, et le décret d'application précisant certaines modalités de la réforme n'était pas publié à la date de rédaction de cet article. Un professionnel dont le calendrier de départ est proche doit vérifier sans délai, directement auprès de sa caisse, la date d'effet encore accessible pour son dossier — une information qui ne peut être généralisée de façon fiable dans un article, compte tenu des délais de traitement propres à chaque situation.
Ce que la pénalité de 50 % change concrètement
Pour rendre le mécanisme concret, voici une illustration pédagogique de l'effet du nouveau seuil et de la pénalité de 50 %, construite sur la base du seuil indicatif de 7 000 € évoqué dans les débats parlementaires. Ce chiffre restant à confirmer par décret, les montants ci-dessous sont donnés à titre d'illustration du mécanisme — pas comme un barème applicable en l'état.
Effet de la zone « entre l'âge légal et 67 ans » sur un revenu d'activité poursuivi après liquidation
Le montant exact de la pénalité dépendra du seuil définitif fixé par décret, mais le mécanisme est déjà fixé par la loi : entre l'âge légal et 67 ans, poursuivre une activité au-delà d'un revenu modeste devient arithmétiquement coûteux sur la pension perçue. Ce n'est qu'à partir de 67 ans que l'équation change radicalement de sens, la reprise ou la poursuite d'activité devenant à la fois libre et potentiellement génératrice de nouveaux droits.
Pour un professionnel libéral qui envisage de transmettre progressivement sa patientèle ou son cabinet plutôt que de cesser brutalement son activité, cette bascule à 67 ans devient un paramètre de calendrier à intégrer dès la phase de préparation du projet de transmission — pas seulement au moment de la liquidation elle-même.
Comment anticiper sans se précipiter
Face à une réforme dont certains paramètres restent à préciser par décret, la meilleure réponse n'est pas la précipitation, mais une vérification méthodique de sa situation personnelle. Quatre étapes permettent de s'y retrouver sans prendre de décision hâtive.
Étape 1 — Vérifier sa date de première liquidation possible auprès de sa caisse
Seule sa caisse (CARMF, CARPIMKO, CARCDSF ou autre selon la profession) peut confirmer la date d'effet encore accessible sous l'ancien régime, ainsi que le délai de traitement du dossier compte tenu de sa charge actuelle. C'est un point factuel à vérifier directement, pas à déduire d'un article ou d'un forum professionnel.
Étape 2 — Situer son projet de calendrier par rapport aux trois zones d'âge
Un départ envisagé avant l'âge légal, entre l'âge légal et 67 ans, ou après 67 ans, n'a plus du tout la même mécanique de cumul à partir de 2027. Ce repérage simple permet de comprendre si la réforme change réellement la donne pour son propre projet, ou si elle est sans effet pratique (par exemple pour un professionnel qui prévoit de toute façon de cesser toute activité rémunérée dès la liquidation).
Étape 3 — Ne pas raisonner uniquement sur le régime de base
Le régime complémentaire de sa caisse professionnelle peut avoir ses propres règles, ses propres dates d'application et, comme le montre le cas de la CARMF, ses propres avancées spécifiques. Interroger sa caisse sur les deux étages (base et complémentaire) séparément évite de fonder une décision sur une vision partielle du dispositif.
Étape 4 — Intégrer la décision dans le projet professionnel et patrimonial global
La date de liquidation d'une retraite interagit avec d'autres décisions : transmission progressive de la patientèle, cession du cabinet, structuration d'une SPFPL, financement d'un successeur. Un expert-comptable, un conseiller en gestion de patrimoine ou un courtier spécialisé peut aider à replacer la question du cumul emploi-retraite dans cet ensemble, plutôt que de l'isoler comme une simple optimisation fiscale de court terme.
Ce qu'il faut retenir
- La LFSS 2026 (article 102) remplace, pour les pensions liquidées à compter du 1er janvier 2027, le système intégral/plafonné par une architecture fondée sur l'âge : réduction euro pour euro avant l'âge légal, seuil et pénalité de 50 % jusqu'à 67 ans, liberté totale au-delà.
- Le seuil de revenu entre l'âge légal et 67 ans est évoqué autour de 7 000 € par an dans les débats parlementaires, mais son montant définitif doit encore être fixé par décret d'application.
- La réforme n'est pas rétroactive : seules les pensions dont la première liquidation prend effet à partir du 1er janvier 2027 sont concernées.
- Les professions libérales de santé (CARMF, CARPIMKO, CARCDSF) sont particulièrement concernées du fait de leur double régime base/complémentaire, dont les règles de cumul ne sont pas nécessairement identiques ni synchronisées.
- La CARMF a fait voter une évolution de son régime complémentaire (points non perdus, seconde pension possible à partir de 2028, sous réserve de validation par l'État) — un rattrapage sur un mécanisme que la CARPIMKO et la CARCDSF appliquent déjà depuis 2023-2024 à leur propre régime complémentaire, chacune selon ses propres règles.
- Toute décision de calendrier de départ doit être vérifiée directement auprès de sa caisse et arbitrée avec un conseil, compte tenu des paramètres encore non stabilisés (décret d'application) et des délais de traitement des dossiers.
Ce que cet article ne remplace pas
Cet article décrit le mécanisme général introduit par l'article 102 de la LFSS 2026, tel que documenté par la presse spécialisée en protection sociale à la date de rédaction. Le décret d'application précisant le montant exact du seuil de revenu et certaines modalités techniques n'était pas publié à cette date : les montants indicatifs mentionnés (dont le seuil de 7 000 €) sont susceptibles d'évoluer. Les règles spécifiques aux régimes complémentaires de la CARPIMKO et de la CARCDSF — qui disposent déjà, depuis 2023-2024, de leur propre mécanisme de seconde pension en cumul emploi-retraite intégral — n'ont pas été détaillées ici au même niveau que celles de la CARMF : leurs modalités précises (plafond, mode de calcul, démarche à effectuer) doivent être vérifiées directement auprès de chaque caisse. Cet article ne constitue ni un conseil retraite individualisé, ni une simulation contractuelle : la date de liquidation adaptée à une situation personnelle relève d'un échange direct avec sa caisse de retraite et, le cas échéant, d'un conseil en gestion de patrimoine ou d'un expert-comptable.
Une réforme de calendrier, pas seulement de montant
La réforme du cumul emploi-retraite introduite par la LFSS 2026 ne se résume pas à une baisse de pension pour ceux qui continuent à travailler après l'avoir liquidée. Elle redessine, pour tout un pan de la carrière d'un professionnel libéral de santé, la question du quand : quand liquider sa retraite, quand ralentir son activité, quand transmettre son cabinet ou sa patientèle. L'âge de 67 ans devient, à compter de 2027, un pivot que la réforme rend structurant pour ce calendrier — sans que cela justifie, à l'inverse, une décision précipitée avant la fin de cette année sur la base de paramètres encore incomplets.
Pour un professionnel dont le projet de fin de carrière s'accompagne d'une question de financement — reprise de patientèle par un successeur, structuration d'une SPFPL, ou optimisation du plafond de déduction PER TNS avant un départ — cette réforme du cumul emploi-retraite est un paramètre supplémentaire à intégrer dans un calendrier global, plutôt qu'une question isolée à trancher dans l'urgence. Le pôle assurance et prévoyance d'Ordinis peut être un point d'entrée pour resituer cette question dans l'ensemble du projet professionnel.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qui change exactement dans le cumul emploi-retraite à partir de 2027 ?
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (article 102) remplace, pour les pensions liquidées à compter du 1er janvier 2027, le système actuel (cumul intégral ou cumul plafonné) par une architecture fondée sur l'âge. Avant l'âge légal de départ, chaque euro de revenu professionnel réduit la pension d'autant. Entre l'âge légal et 67 ans, le cumul reste possible jusqu'à un seuil annuel de revenu estimé autour de 7 000 €, au-delà duquel la pension est réduite de 50 % du dépassement. À partir de 67 ans, le cumul redevient totalement libre, et rouvre même la possibilité d'acquérir de nouveaux droits sur certains régimes complémentaires.
Le cumul emploi-retraite est-il rétroactif pour les professionnels déjà en cumul avant 2027 ?
Non. La réforme n'est pas rétroactive : elle ne s'applique qu'aux professionnels dont la première pension prend effet à compter du 1er janvier 2027. Un professionnel qui a déjà liquidé sa retraite avant cette date reste durablement sous l'ancien régime (cumul intégral sans plafond de revenu si la retraite a été liquidée à taux plein, ou cumul plafonné dans le cas contraire), même s'il continue d'exercer après le 1er janvier 2027. C'est cette différence de traitement selon la date de première liquidation qui a conduit une partie de la presse spécialisée à évoquer une échéance dès l'automne 2026 pour liquider sous l'ancien régime — un point à vérifier sans délai auprès de sa caisse, compte tenu des délais de traitement des dossiers.
Que se passe-t-il pour un médecin, un dentiste ou un kinésithérapeute qui continue à exercer après 67 ans ?
À partir de 67 ans, le cumul emploi-retraite redevient totalement libre, sans seuil de revenu ni pénalité, quelle que soit la profession. Pour les médecins affiliés à la CARMF, le conseil d'administration a par ailleurs voté une évolution de son régime complémentaire : les cotisations versées pendant le cumul intégral, jusque-là sans aucune contrepartie sur ce régime, permettront d'acquérir de nouveaux points convertibles en une seconde pension dont la première liquidation serait possible à partir du 1er janvier 2028, sous réserve de validation du projet par l'État. Cette mesure concernerait plusieurs milliers de médecins actuellement en cumul intégral. La CARPIMKO et la CARCDSF appliquent déjà, depuis 2023-2024, leur propre mécanisme de seconde pension à leur régime complémentaire : les modalités précises (plafond, démarche à effectuer) doivent être vérifiées directement auprès de chaque caisse, une règle propre à un régime ne se transposant jamais automatiquement à un autre.
Le seuil de 7 000 € et la pénalité de 50 % sont-ils définitifs ?
Non, pas entièrement. Le principe du seuil de revenu annuel applicable entre l'âge légal et 67 ans est fixé par la loi, mais sa valeur exacte doit être précisée par décret d'application. La presse spécialisée l'évoque autour de 7 000 € par an, sur la base des débats parlementaires, mais ce chiffre reste indicatif tant que le décret n'est pas publié. Il en va de même pour certaines modalités d'application propres à chaque régime complémentaire. Toute décision de calendrier de départ à la retraite prise sur la base de ce seuil doit donc être confirmée auprès de sa caisse au moment de la décision, et non figée sur la base des estimations actuelles.
Faut-il se précipiter pour liquider sa retraite avant la réforme ?
Non, ce n'est pas une décision à prendre dans la précipitation. La date de liquidation d'une retraite a des conséquences qui dépassent le seul cumul emploi-retraite : montant définitif de la pension, droits du conjoint, transmission ou cession du cabinet, fiscalité. Si plusieurs sources évoquent une échéance administrative proche pour rester sous l'ancien régime, les délais de traitement des caisses (plusieurs mois) rendent improbable une décision de dernière minute prise à la seule lecture de cet article. La bonne méthode consiste à interroger sa caisse sur sa situation précise, puis à arbitrer avec un conseil (expert-comptable, conseiller en gestion de patrimoine) le calendrier le plus cohérent avec l'ensemble du projet professionnel et patrimonial.