Sommaire
- Ce qui change réellement en 2026, et ce qui ne change pas encore
- Le nouveau zonage : ZIP, ZAC et plus de 70 % du territoire reclassé
- Les aides à l'installation 2026 : 10 000 €, 5 000 €, 3 000 €
- Où en est la loi Garot ? Le point sur la régulation en discussion
- Le rebond des installations en 2025 : ce que disent les chiffres de l'Assurance Maladie
- Ce que la banque regarde vraiment derrière le zonage
- Intégrer zonage et aide dans un dossier de financement : la méthode en 4 étapes
- Ce qui reste incertain
- Construire sur ce qui est acquis, pas sur ce qui est débattu
- Questions fréquentes
Ce qui change réellement en 2026, et ce qui ne change pas encore
Deux évolutions distinctes agitent, depuis plusieurs mois, l'actualité de l'installation médicale libérale. La première est déjà en vigueur : depuis le 1er janvier 2026, un nouveau zonage et un nouveau système d'aides financières, issus de la convention médicale 2024, remplacent les anciens contrats démographiques. Tout médecin qui dépose ou prépare un dossier de financement aujourd'hui doit compter avec ce cadre — il est opposable, chiffré, et déjà appliqué par les caisses primaires d'assurance maladie.
La seconde évolution, elle, n'est pas en vigueur : la proposition de loi dite « loi Garot », qui prévoyait de soumettre l'installation en zone sur-dotée à une autorisation de l'agence régionale de santé, reste au milieu de la navette parlementaire depuis plus d'un an. Beaucoup d'articles de presse spécialisée, y compris certains destinés aux praticiens, présentent encore ce texte comme s'il allait changer les règles du jeu à brève échéance. Ce n'est, à la date de publication de cet article, pas le cas — et cette confusion entre un texte voté par une chambre et un texte en vigueur a un coût concret : elle peut pousser un praticien à retarder un projet, ou à mal calibrer un prévisionnel, sur la base d'une règle qui n'existe pas encore.
Cet article sépare volontairement les deux sujets. Les sections consacrées au zonage et aux aides s'appuient sur un cadre en vigueur, daté et vérifiable. La section consacrée à la loi Garot fait, au contraire, le choix explicite de la prudence : elle décrit un processus législatif en cours, sans préjuger de son issue.
Le nouveau zonage : ZIP, ZAC et plus de 70 % du territoire reclassé
Le zonage médical répartit le territoire en plusieurs catégories selon la densité de l'offre de soins : zone d'intervention prioritaire (ZIP), la plus déficitaire, zone d'action complémentaire (ZAC), fragile mais à un niveau moins critique, et zone non prioritaire. Ce classement est établi et publié par chaque agence régionale de santé (ARS), sur la base de critères définis dans le cadre de la convention médicale 2024 conclue entre l'Assurance Maladie et les syndicats représentatifs des médecins libéraux.
Le nouvel arrêté de zonage est entré en vigueur le 1er janvier 2026. Plusieurs ARS régionales — Grand Est et Nouvelle-Aquitaine notamment, dans leurs communications publiques de début 2026 — ont publié une carte actualisée classant plus de 70 % de la population régionale en zone sous-dense (ZIP ou ZAC réunies). Ce pourcentage n'est pas un chiffre national unique : il varie sensiblement d'une région à l'autre selon la densité médicale locale, et chaque ARS publie sa propre carte, consultable en ligne.
Pour un projet d'installation, ce zonage se lit à l'adresse précise du local, pas à l'échelle de la commune ou du département : deux adresses voisines peuvent, sur le papier, relever de classements différents selon le découpage retenu par l'ARS. Avant de s'engager sur un bail commercial ou un compromis de vente de murs professionnels, la vérification du zonage exact — directement sur le site de l'ARS de la région concernée — est un préalable à ne pas sauter, puisqu'il détermine ensuite l'accès aux aides décrites plus loin.
Les aides à l'installation 2026 : 10 000 €, 5 000 €, 3 000 €
Depuis le 1er janvier 2026, les anciens contrats démographiques — CAIM (contrat d'aide à l'installation des médecins), COTRAM, COSCOM, CSTM — ne sont plus ouverts à de nouvelles souscriptions : ils ont cessé d'accueillir de nouvelles demandes depuis le 31 décembre 2025. Ils sont remplacés par un dispositif plus simple, issu de la convention médicale 2024 :
- 10 000 € d'aide forfaitaire unique pour tout médecin qui s'installe pour la première fois en libéral en zone d'intervention prioritaire (ZIP), en secteur 1 ou en secteur 2 avec option OPTAM.
- 5 000 € pour une primo-installation en zone d'action complémentaire (ZAC).
- 3 000 € pour l'ouverture d'un cabinet secondaire en ZIP par un médecin déjà installé.
Ces aides sont versées par l'Assurance Maladie dans les trois mois suivant l'installation, sans engagement de durée d'exercice dans la zone — une différence notable avec les anciens contrats démographiques, qui imposaient des engagements pluriannuels sous peine de remboursement. À cela s'ajoute une majoration de la partie socle du forfait médecin traitant (FMT) pour les médecins installés en ZIP, dégressive sur trois ans : 50 % la première année, 30 % la deuxième, 10 % la troisième. Un contrat de début d'exercice (CDE) complète le dispositif : il vise à sécuriser la montée en charge de l'activité la première année, via une rémunération complémentaire lorsque les revenus tirés des actes n'atteignent pas un certain niveau.
Deux précisions utiles pour la lecture financière du dispositif. D'abord, l'aide de 10 000 € (ou 5 000 €) est une aide versée après coup, pas un capital disponible au jour de l'installation : elle doit être intégrée au prévisionnel comme une rentrée de trésorerie différée, pas comme un apport mobilisable pour le financement bancaire initial. Ensuite, la majoration du FMT n'est pas un versement ponctuel mais un complément de revenu récurrent et dégressif : elle relève d'une logique de compte de résultat prévisionnel, pas de plan de financement.
Où en est la loi Garot ? Le point sur la régulation en discussion
La proposition de loi portée par le député Guillaume Garot vise, dans sa version initiale, à soumettre l'installation d'un médecin en zone sur-dotée à une autorisation de l'agence régionale de santé — une régulation de la liberté d'installation qui n'existe, à ce jour, dans aucun texte en vigueur. Son parcours parlementaire illustre bien la différence entre un texte voté et un texte en vigueur.
L'Assemblée nationale a adopté le texte en première lecture le 7 mai 2025 (99 voix pour, 9 contre, 10 abstentions), avec le principe d'une autorisation obligatoire. Transmis au Sénat, il a ensuite été profondément réécrit par la commission des affaires sociales, dont le rapport a été déposé le 27 mai 2026 : la version sénatoriale remplace le mécanisme d'autorisation par un dispositif plus souple, articulé autour d'une compensation territoriale plutôt que d'un interdit. Le Sénat a adopté cet article 1er amendé en séance le 11 juin 2026 (215 voix pour, 118 contre), mais n'a pas eu le temps d'achever l'examen du reste du texte : faute de créneau parlementaire suffisant, l'examen a été suspendu, à charge pour la Conférence des présidents d'en programmer la suite. À la date de publication de cet article, ni la proposition de loi Garot ni le texte concurrent porté par des sénateurs Les Républicains n'étaient inscrits à l'ordre du jour de la rentrée parlementaire du 1er octobre 2026.
Un texte adopté par une chambre n'est pas un texte en vigueur. Tant que la navette parlementaire n'est pas achevée et que le texte n'est pas promulgué, aucune autorisation d'installation n'est exigée nulle part en France.
L'Ordre national des médecins a, de son côté, réaffirmé dans un communiqué du 21 mai 2026 son opposition à toute régulation contraignante de l'installation, plaidant pour des mesures incitatives plutôt que coercitives. Le débat reste donc ouvert sur le fond comme sur le calendrier : certains observateurs parlementaires estiment même que le texte, dans sa version initiale, pourrait ne jamais aboutir. Ce n'est pas à Ordinis de trancher ce débat politique — mais c'est notre rôle de dire clairement, à qui prépare un financement, ce qui relève aujourd'hui du droit positif et ce qui relève de l'hypothèse.
Le rebond des installations en 2025 : ce que disent les chiffres de l'Assurance Maladie
L'Observatoire de l'accès aux soins de l'Assurance Maladie, dans son communiqué du 11 juin 2026 sur les résultats 2025, fait état d'un rebond net des primo-installations de médecins généralistes : 2 810 installations en 2025, contre 2 130 en 2024, soit une hausse de 32 % — après une baisse de près de 10 % observée en 2024. L'effet est encore plus marqué dans les zones les plus déficitaires : 891 installations en zone d'intervention prioritaire en 2025, soit près de 300 installations de plus qu'en 2024, une progression de l'ordre de 45 % sur un an.
Un point de méthode mérite d'être signalé, car il évite une confusion fréquente : ces chiffres portent sur l'année 2025, alors que les nouvelles aides à l'installation (10 000 €, 5 000 €, 3 000 €) et le nouveau zonage ne sont entrés en vigueur que le 1er janvier 2026. Le rebond des installations en 2025 ne peut donc pas leur être attribué. L'Assurance Maladie l'explique par un facteur démographique : l'augmentation du numerus apertus décidée il y a une dizaine d'années commence seulement à produire ses effets sur le nombre de médecins arrivant en fin de formation et en capacité de s'installer — une dynamique que l'Assurance Maladie anticipe comme durable sur les prochaines années, sans lien direct avec le nouveau dispositif d'aides.
Pour un praticien qui prépare son installation en 2026 ou 2027, ces chiffres ont malgré tout une utilité directe : ils confirment qu'un mouvement de fond, indépendant de l'issue de la loi Garot, est déjà à l'œuvre sur le terrain — et que le cadre incitatif (zonage, aides, majoration du forfait médecin traitant) s'installe dans un contexte où la demande de zones sous-dotées pour de nouveaux praticiens est réelle et objectivée.
Ce que la banque regarde vraiment derrière le zonage
Aucun texte n'impose à un établissement prêteur de traiter différemment un dossier selon le zonage du local visé : comme pour tout financement professionnel libéral, chaque banque apprécie librement les éléments qu'elle retient dans son analyse — il n'existe pas de grille bancaire unique imposée par la réglementation. Cela ne signifie pas que le zonage est indifférent à l'analyste : il nourrit indirectement trois éléments du dossier.
D'abord, la valorisation de la patientèle potentielle : dans une zone où l'offre de soins est structurellement inférieure à la demande, le risque de vacance ou de montée en charge trop lente de l'activité est statistiquement réduit — un facteur que certains analystes intègrent, sans que ce soit une règle automatique. Ensuite, le revenu prévisionnel : la majoration du forfait médecin traitant sur les trois premières années en ZIP se traduit par une ligne de revenu récurrente supplémentaire, à condition d'être présentée clairement et distinctement dans le prévisionnel d'activité, pas noyée dans un chiffre d'affaires global difficile à décomposer. Enfin, l'allègement du besoin de trésorerie de démarrage : l'aide ponctuelle de 10 000 € ou 5 000 €, correctement anticipée dans le plan de trésorerie des premiers mois, réduit d'autant le risque de tension de trésorerie en début d'exercice — un point que les analystes surveillent systématiquement sur un dossier de primo-installation.
C'est également un sujet que nous retrouvons régulièrement en accompagnement de projets de médecins libéraux : un dossier mal présenté peut faire l'impasse sur ces éléments, ou au contraire les survaloriser en traitant l'aide comme un apport disponible dès le premier jour — ce qui n'est mécaniquement pas le cas, et qu'un analyste bancaire expérimenté détecte immédiatement.
Intégrer zonage et aide dans un dossier de financement : la méthode en 4 étapes
Voici la méthode que nous recommandons pour un praticien qui prépare un projet d'installation dans une zone potentiellement classée ZIP ou ZAC.
Étape 1 — Vérifier le zonage exact du local avant toute signature
Consultez le site de l'agence régionale de santé de la région concernée pour vérifier le classement précis de l'adresse visée — ZIP, ZAC ou zone non prioritaire. Ne vous fiez pas à une réputation générale de la commune : le zonage se lit à l'adresse, et deux locaux proches peuvent relever de classements différents. Cette vérification conditionne directement le montant d'aide mobilisable et doit précéder, pas suivre, la signature d'un bail ou d'un compromis.
Étape 2 — Distinguer l'aide ponctuelle de la majoration récurrente dans le prévisionnel
Présentez séparément, dans le document remis à la banque, l'aide forfaitaire unique (10 000 €, 5 000 € ou 3 000 €, versée une fois dans les trois mois suivant l'installation) et la majoration du forfait médecin traitant (un complément de revenu récurrent et dégressif sur trois ans). Ce sont deux natures financières différentes — une rentrée exceptionnelle de trésorerie, un supplément de chiffre d'affaires — qui ne doivent pas être confondues dans un même agrégat.
Étape 3 — Ne jamais compter l'aide comme apport initial
L'aide à l'installation est versée après l'installation effective, pas avant. Elle ne peut donc pas se substituer à l'apport personnel exigé au moment du déblocage des fonds. La bonne pratique consiste à la faire apparaître en trésorerie de démarrage prévisionnelle, ou à l'affecter au remboursement anticipé d'une échéance différée en tout début de prêt, plutôt que de la présenter comme une ressource disponible au jour du dépôt du dossier.
Étape 4 — Construire le dossier sur le cadre réellement en vigueur aujourd'hui
Un dossier de financement doit s'appuyer sur le zonage, les aides et la convention médicale 2024, qui sont en vigueur et opposables — pas sur une hypothèse d'obligation d'autorisation issue de la loi Garot, qui n'existe pas encore et dont ni le contenu final ni le calendrier ne sont connus. Si la situation législative évolue d'ici le dépôt effectif du dossier, le point sera à actualiser avec votre courtier le moment venu — pas anticipé aujourd'hui sur la base d'une hypothèse.
Ce qui reste incertain
Trois zones de prudence doivent accompagner la lecture de cet article.
Le zonage n'est pas figé indéfiniment. Chaque ARS peut réviser sa carte à tout moment, et doit le faire au moins tous les trois ans, en fonction de l'évolution de la démographie médicale locale — certaines régions actualisent plus souvent. Une zone classée ZIP aujourd'hui peut être requalifiée lors d'une prochaine révision : la vérification doit se faire à la date du projet, pas sur la base d'une carte ancienne trouvée en ligne.
L'issue de la loi Garot reste ouverte. Entre une version initiale coercitive votée par l'Assemblée, une version sénatoriale édulcorée et un examen suspendu faute de temps parlementaire, le texte pourrait aboutir sous une forme très différente de celle qui a fait l'actualité en 2025, être encore modifié, ou ne jamais être promulgué. Aucune date de reprise de l'examen n'était connue à la date de publication de cet article.
Les montants et barèmes conventionnels peuvent évoluer. Les aides décrites dans cet article sont issues de la convention médicale 2024 et de ses textes d'application : comme tout accord conventionnel, ils peuvent être révisés par avenant. Avant tout engagement financier, une vérification des montants en vigueur au moment précis du dossier, directement auprès de la CPAM ou de l'ARS compétente, reste la meilleure protection contre une mauvaise surprise.
Pour ces trois raisons, cet article constitue une synthèse d'actualité réglementaire et non un conseil individualisé. Toute décision relative à un projet d'installation doit être validée avec votre expert-comptable, l'ARS de votre région et, pour le volet financement, un courtier spécialisé en crédit professionnel libéral.
Ce qu'il faut retenir
- Depuis le 1er janvier 2026, un nouveau zonage (ZIP/ZAC) et une aide unique de 10 000 €/5 000 €/3 000 € remplacent les anciens contrats démographiques (CAIM, COTRAM, COSCOM, CSTM), sur la base de la convention médicale 2024.
- La loi Garot, qui prévoyait de soumettre l'installation à une autorisation de l'ARS, n'est pas promulguée : adoptée par l'Assemblée en mai 2025, réécrite et partiellement votée par le Sénat le 11 juin 2026, son examen est suspendu et le texte n'était pas programmé à la rentrée d'octobre 2026.
- Le rebond de 32 % des primo-installations de généralistes en 2025 (2 810 contre 2 130 en 2024, +45 % en zone prioritaire) précède l'entrée en vigueur des nouvelles aides : il ne peut donc pas leur être attribué.
- Le zonage n'est pas un critère bancaire imposé par la réglementation, mais il nourrit indirectement l'analyse : valorisation de la patientèle potentielle, majoration du forfait médecin traitant sur trois ans, aide ponctuelle qui allège la trésorerie de démarrage.
- L'aide à l'installation est versée après coup, dans les trois mois suivant l'installation : elle se présente en trésorerie de démarrage dans le prévisionnel, pas comme un apport disponible au jour du dépôt du dossier.
- Construire un plan de financement sur une future obligation d'autorisation qui n'existe pas encore serait prématuré : mieux vaut bâtir le dossier sur le cadre réellement en vigueur aujourd'hui, et suivre l'actualité parlementaire avec son conseil.
Construire sur ce qui est acquis, pas sur ce qui est débattu
L'installation médicale en 2026 se prépare avec un cadre incitatif réel et déjà chiffré — zonage, aides, majoration du forfait médecin traitant — et une incertitude politique qui, elle, ne se traduit encore par aucune contrainte juridique. Confondre les deux conduit soit à sous-exploiter un dispositif d'aide bien réel, soit à retarder un projet sur la base d'une obligation qui n'existe pas. La bonne méthode consiste à séparer clairement ce qui relève du droit en vigueur de ce qui relève du débat parlementaire, et à construire le dossier de financement sur le premier registre.
Pour aller plus loin sur la construction d'un dossier de financement d'installation libérale, notre analyse sur les 4 causes réelles de refus de financement libéral détaille les points de vigilance qui reviennent le plus souvent en instruction bancaire, et le cas concret d'un praticien hospitalier financé sans historique libéral illustre comment un dossier de primo-installation se construit pièce par pièce.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le nouveau zonage médical 2026 change concrètement pour un médecin qui s'installe ?
Depuis le 1er janvier 2026, un nouveau zonage classe chaque bassin de vie en zone d'intervention prioritaire (ZIP, la plus déficitaire en offre de soins), zone d'action complémentaire (ZAC, fragile mais moins critique) ou zone non prioritaire. Ce zonage, publié par chaque agence régionale de santé sur la base de la convention médicale 2024, conditionne l'accès aux aides à l'installation et à la majoration du forfait médecin traitant. Il se lit à l'adresse précise du local, pas à l'échelle de la commune : deux cabinets voisins peuvent relever de zones différentes. Avant toute signature de bail ou de compromis, la vérification du zonage exact sur le site de l'ARS régionale est un préalable, car il conditionne directement le montant des aides mobilisables pour le financement du projet.
Comment fonctionne l'aide de 10 000 € à l'installation en zone prioritaire ?
Depuis le 1er janvier 2026, une aide forfaitaire unique de 10 000 € est versée à tout médecin qui s'installe pour la première fois en libéral en zone d'intervention prioritaire (ZIP), en secteur 1 ou secteur 2 avec option OPTAM. Elle est versée par l'Assurance Maladie dans les trois mois suivant l'installation, sans engagement de durée d'exercice dans la zone — une différence notable avec les anciens contrats démographiques (CAIM, COTRAM, COSCOM), qui imposaient des engagements pluriannuels et ont cessé d'accueillir de nouvelles demandes depuis le 31 décembre 2025. En zone d'action complémentaire (ZAC), l'aide est de 5 000 €, et un médecin qui ouvre un cabinet secondaire en ZIP peut percevoir 3 000 €. Ces aides s'ajoutent à une majoration de la partie socle du forfait médecin traitant, dégressive sur trois ans (50 %, 30 %, puis 10 %) pour les médecins installés en ZIP.
Où en est la loi Garot sur la régulation de l'installation des médecins ?
La proposition de loi Garot, qui prévoyait de soumettre l'installation des médecins en zone sur-dotée à une autorisation de l'agence régionale de santé, n'est à ce jour ni promulguée ni entrée en vigueur. Adoptée en première lecture par l'Assemblée nationale le 7 mai 2025, elle a été réécrite par la commission des affaires sociales du Sénat (rapport déposé le 27 mai 2026), qui a remplacé le mécanisme d'autorisation par un dispositif plus souple. Le Sénat a adopté cet article 1er amendé le 11 juin 2026, mais n'a pas eu le temps d'achever l'examen du reste du texte, faute de créneau parlementaire ; l'examen est suspendu et le texte n'était pas à l'ordre du jour de la rentrée d'octobre 2026. Tant que la navette parlementaire n'est pas achevée et le texte promulgué, aucune autorisation d'installation n'est exigée nulle part en France.
Le zonage 2026 a-t-il un effet direct sur ma capacité d'emprunt bancaire ?
Non, pas de façon automatique : aucun texte n'impose aux banques de traiter différemment un dossier selon le zonage du local. L'effet est indirect, et chaque établissement prêteur apprécie librement les éléments qu'il retient dans son analyse. En pratique, le zonage nourrit trois éléments que l'analyste peut prendre en compte : la valorisation de la patientèle potentielle dans une zone en tension, la majoration du forfait médecin traitant qui augmente le revenu prévisionnel sur les trois premières années en ZIP, et l'aide ponctuelle de 10 000 € ou 5 000 € qui allège le besoin de trésorerie de démarrage. Cette aide n'est en revanche pas un apport mobilisable au jour du dépôt du dossier : elle est versée après l'installation, dans les trois mois qui suivent, et doit donc être présentée en trésorerie prévisionnelle plutôt qu'en fonds propres disponibles.
Faut-il retarder son projet d'installation en attendant l'issue de la loi Garot ?
Rien dans le calendrier parlementaire actuel ne permet d'anticiper une date, ni même une issue certaine pour la proposition de loi Garot : son examen est suspendu depuis juin 2026 et plusieurs observateurs parlementaires estiment qu'elle pourrait ne jamais aboutir sous sa forme initiale. Retarder un projet d'installation dans l'attente d'un texte dont ni le contenu final ni le calendrier ne sont connus revient à immobiliser un projet sur une hypothèse. La méthode la plus solide consiste à construire le dossier de financement sur le cadre réellement en vigueur aujourd'hui — zonage, aides à l'installation, convention médicale 2024 — et à suivre l'actualité parlementaire avec son expert-comptable ou son courtier, sans intégrer de contrainte hypothétique dans le prévisionnel.